A Kousséri,la société civile en guerre contre l’extrémisme violent!

Samedi dernier à la salle des actes de la commune de Kousséri,les enseignants d’universités du Tchad sont venus à l’occasion de la deuxième phase de « Kousséri vacances jeunes »,entretenir les jeunes sur : « le rôle des organisations de la société civile dans la prévention contre l’extrémisme violent dans le bassin du lac Tchad » et « la prévention des conflits et la promotion du vivre ensemble comme facteur de développement dans le bassin du lac Tchad » .
De notre envoyé spécial à Kousséri, Arsène Nna

La 6e journée reste toute particulière. Marquée par les séminaires d’une importance capitale, caractérisés par des thèmes percutants, fort était de constater ce jour la foule nombreuse constituée pour la plupart des jeunes venus des quatre coins du département et du bassin du Lac Tchad, pour être édifier sur les différents dangers qui les guettent, dans un contexte marqué par le terrorisme.Sur le panel, l’on note la présence du Professeur Zacharia Ousman Ramadan, en provenance du pays voisin, le Tchad. Celui-ci est accompagné de M. Fotue Kamne Rémi Bienvenue, Directeur du centre tchadien des études stratégiques et des analyses prospectives du Tchad, du l’honorable Ibn Bichara du pont Ngueli, de l’ancien ministre des finances de la république du Tchad, de la conseillère d’orientation Mme Sitina Abba, de S.M Djibrine Mahamat, Sultan de Bodo, principal modérateur du jour. L’on notera également en terme d’innovation, la présence d’un traducteur en langue arabe en la personne de Adoum Ben Hamed.Au total, deux thèmes ont été exposés. Le premier étant : le rôle des organisations de la société civile dans la prévention de l’extrémisme violent dans le bassin du Lac Tchad, exposé par le Professeur Zacharia Ramadan.Courant son exposé, après avoir retracé le contexte du bassin du Lac Tchad où il s’est agit de faire une présentation géographique et sociale globale, il ressort que le Lac Tchad se présente comme le 4e fleuve le plus important d’Afrique après le lac Tanganyika et autres. La commission du Bassin du Lac Tchad, créée en 1964 par la  volonté de quatre États à savoir le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad, respectivement pays conventionnels, c’est-à-dire les pays qui se partage le Lac. Ils seront rejoins plus tard par la Lybie et la Centrafrique. Autrefois ayant une superficie de 375.000 km2, le Lac Tchad aujourd’hui ne mesure plus que 30.000 km2 dont 10% seulement de cette superficie se retrouve en eau et pour cause, deux accidents climatiques ont marqué la vie du Lac Tchad. Il s’agit de la grande sécheresse de 1973 et 1984, ayant entraîné une diminution sévère du lac d’une part, tandis-que d’autres parts, l’on a constaté une augmentation importante de la population vivant tout autour du Lac, et constituée pour la plupart des Kanuri, Kotoko, Arabe-choas, Massa, Mousgoum etc.En 1973 donc, cette dégradation sévère de la Biodiversité du Lac Tchad, suivi d’un boom démographique a ainsi entraîné la famine, les conflits de contrôle des ressources, la criminalité etc. Ces conflits ayant grandi par l’incompétence des gouvernants, il est important pour les acteurs de la société civile de mettre la main dans la patte, afin d’aider les États à combattre les menaces contemporaines qui sévissent dans la sous région et dont le terrorisme reste la menace la plus dangereuse parmi tant d’autres. Le professeur Zacharia Ramadan, courant son exposé interpelle les organisations de la société civile à aider les Etats à instaurer la paix, l’ordre et la sécurité collective, globale et humaine. Il note d’ailleurs  que le dynamisme et l’activisme et la participation de la société civile facteur de stabilisation, entraîne les gouvernements à être actifs. Constituée des personnes qui n’appartiennent pas à l’Etat, la société civile dispose de plusieurs avantages. Et le professeur de mentionner : « Le nombre est une puissance, démocratie égale démographie » nombreuse donc, ces acteurs doivent impulser la dynamique chez nos gouvernants, établir le contre discours des idéologies personnelles se ramenant à la divinité comme celle prônée par Boko Haram, s’investir dans la collecte des informations et leur transmission à qui de droit… il est important de renforcer le partenariat local, régional et international, de s’approprier des menaces contemporaines pour combattre le terrorisme.« Il faut y croire pour y parvenir et c’est à ce prix seulement que nous devons combattre l’extrémisme violent. » conclue le Professeur Zacharia Ousman Ramadan. Au sortir de ce brillant exposé, les membres de la société civile, les imans, les responsables de l’administration locale, parents et vieillard invité à cette occasion, rentre tout édifier et prêt à mener le combat.  Mansour Adam Djibrine, Président du Collectif ACSA : « nous ressortons de ce séminaires avec une note de satisfaction parce que voyez vous, l’extrémisme violent qui relève de cette guerre qui nous a été imposée par la déformation des croyances religieuses nous interpelle au plus haut niveau. Et c’est pour cette raison que les jeunes se sont retrouvés aujourd’hui pour cette sensibilisation, pour une prise de conscience, afin que nous puissions aborder l’avenir avec beaucoup de sérieux. Donc nous tirons des grandes leçons de ses imminents professeurs et experts qui nous ont entretenus. Ceci nous permettra d’aller vers les plus jeunes, vers les communautés passer les messages de paix, de cohésion sociale, du vivre ensemble » après avoir observé une petite pause, c’est au tour du Professeur Fotue Kamne Remi, directeur du centre du centre Tchadiens des étudesstratégiques et des analyses prospectives, d’exposer sur le thème : « prévention des conflits et la promotion du vivre ensemble comme facteur de développement dans le bassin du Lac Tchad. De cette exposé, il ressort que la zone du lac Tchad, riche dans sa biodiversité possède des ressources favorables aux activités telles que la pêche, l’élevage, et l’agriculture. Toutefois, les questions de développement se pose dans cette zone avec acuité. Or du fait de la densité de sa population majoritairement jeune, constituant de ce fait un facteur véritable de développement, il est important d’inculquer à ces jeunes les notions de paix, de vivre ensemble, de respect des droits d’autrui, de civisme et de citoyenneté, dans un contexte  marqué par les menaces contemporaines. Le développement ne pouvant se faire sans la paix. Pendant son exposé, le professeur Fotue n’a pas manqué de mentionner l’importance de promouvoir un environnement de paix, de diffuser les enseignements sur les valeurs de paix, de l’égalité entre l’homme et la femme, du respect de la personne, du partage, du droit de la différence comme un ajout et non comme une division etc. Il interpelle à cet effet, tous les acteurs de la société civile, les jeunes, les parents, les autorités administratives, politiques, traditionnelles et religieuses, les partenaires au développement de mettre la main dans la patte, pour un développement économique durable. Au sortir de ces séminaires, les jeunes se disent mieux outillés à faire face aux multiples dangers qui les guettent, et s’engagent d’avantages pour le développement de leur localité et de leur pays. La journée du samedi s’achève par une finale de Handball, opposant l’équipe de Ndjaména à celle de Kousséri,au complexe multisports de Kousséri. Elle s’est soldée sur un score de neuf buts contre dix en faveur de Kousséri.