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Don d’ordinateurs : enfin, des ordinateurs pour les étudiants des universités de Bamenda, Dschang, Buéa et Douala. Semaine émouvante pour des étudiants des quatre autres universités qui ont reçu cette semaine leurs ordinateurs du don du chef de l’Etat. C’est à la faveur de l’arrivée de 100 000 machines pour le troisième contingent. Mieux vaut tard que jamais, est-on tenté de le dire. Les étudiants des universités de Bamenda, Dschang, de Buéa et Douala récoltent le fruit de la patience. Ils ont reçu cette semaine lors d’une cérémonie de distribution dans leurs universités respectives et des mains du ministre de l’Enseignement supérieur en personne, leurs ordinateurs. Et le patron de l’Enseignement supérieur peut enfin exulter en annonçant le calendrier des répartitions « jeudi, nous seront à Douala et ensuite à Buéa. Vendredi nous seront à Dschang et à Bamenda. C’est le deuxième contingent, 100 000. Et ensuite nous attendons le troisième contingent pour aller à Maroua et à Ngaoundéré » a déclaré le professeur Jacques Fame Ndongo qui s’est voulu rassurant eu égard la situation sociopolitique qui prévaut dans le pays et particulièrement dans les régions anglophones « ce sont tous des Camerounais. Nous sommes au Cameroun, nous irons à Bamenda, nous irons à Buéa, on peut rassurer tout le monde. Les IPES Institut privées de l’Enseignement supérieur (IPES) sont tutorés par les universités d’Etat, donc les étudiants des IPES font parties des lots relatif aux universités d’Etat, donc, il n’y a aucun problème » a ajouté le Minsep. Pour mémoire, pour bénéficier de ces ordinateurs, il faut valider son enregistrement biométrique. Ces répartitions s’alignent à celles effectuées les 26 et 27 décembre dernier dans les universités de Yaoundé I et Yaoundé II à SOA.
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Armée: Les drôles d’affaires des marchands d’uniformes

Costumes Vuitton, enveloppes de cash, caisses de champagne. Les drôles d’affaires des marchands d’uniformes avec les dignitaires africains.

le colonel Mboutou

Ce 16 septembre 2014, le colonel Mboutou flâne dans les magasins de luxe de l’avenue de Montaigne, lorsqu’il est soudain contacté par Elizabeth C., responsable des ventes de la  société  MagForce,  spécialisée  dans  l’équipement  militaire.  «  Merci  de  me  dire  si  je peux passer avant 18 heures », lui écrit-elle. Quelques minutes plus tard, le voilà sous le porche du très chic hôtel de la Tremoille, accueillant la commerciale de ses bras grands ouverts,  sous  l’objectif  des  policiers  de  l’Office  central  pour  la  répression  de  la  grande délinquance financière (OCRGDF), en planque un peu plus loin.

Une enveloppe à la main, Elizabeth C. disparaît dans l’hôtel, bientôt suivie du dignitaire africain. Une scène parmi d’autres observées depuis des semaines par les enquêteurs.Car le colonel Mboutou est une de leurs cibles privilégiées, dans une enquête ouverte La société d’équipement militaire MagForce est au cœur d’un vaste système de corruption avec certains pays d’Afrique.Car le colonel Mboutou est une de leurs cibles privilégiées, dans une enquête ouverte par le parquet de Parispour « corruption d’agents publics étrangers ». Jusqu’en février 2016, l’homme était en effet chef du secrétariat adjoint auprès du ministre de la Défense du Cameroun, Alain Mebe Ngo’o. Et était à ce titre en charge de la coordination militaire et des marchés d’habillement de l’armée. Pour obtenir un contrat, c’est donc lui qu’il faut

flatter…  »

Les montants étaient d’environ 20 000 à 30 000 euros

Depuis des années, le colonel Mboutou est choyé. Robert Franchitti, officiellement à la tête  de  MagForce,  truste  en  effet  80  %  du  marché  de  la  fête  nationale  du  Cameroun. Chaque  année,  le  ministère  passe  pour  huit  à  dix  millions  d’euros  de  commande d’uniformes  et  de  vêtements  en  tout  genre.  Ne  reste  plus  à  Franchitti  qu’à  arroser  les intermédiaires pour s’assurer de leur fidélité. Pour ne pas trop attirer l’attention et pour «  simuler  des  mises  en  concurrence  »,  selon  un  policier,  les  marchés  sont  parfois conclus  aux  noms  de  sociétés  domiciliées  à  l’étranger  comme  Join  China,  T2M  ou Vanko, toutes pilotées en sous-main par le patron de MagForce.

En 2014, la justice siffle la fin de la récré. Plusieurs dirigeants de MagForce sont arrêtés et mis en examen pour corruption d’agents publics étrangers. Le colonel Mboutou, lui, ne sera  interpellé  qu’en  avril  2016  lors  d’un  séjour  à  Paris.  Interrogé  par  les  policiers,  il reconnaît  avoir  reçu  quelques  enveloppes  de  cash,  mais  jure  qu’il  s’agissait  de  son « propre argent » laissé en dépôt à Franchitti. Lors de ses périples dans la capitale, ce dernier avait pris l’habitude de lui envoyer son homme à tout faire, un « certain Roger », chargé de lui redistribuer quelques billets pour rendre ses séjours agréables…

Une version mise à mal par les aveux dudit Roger qui, avant de se rétracter, avait confié aux  enquêteurs  :  «  Joël  Mboutou  s’est  vu  remettre  la  somme  de  704  000  euros, dont 400 000 euros en espèces. Cela concerne l’année 2014. Ces espèces lui ont été remises  tout  au  long  de  l’année  écoulée  par  des  enveloppes  d’argent  données  à l’occasion  de  ses  voyages  en  France (…).  Les  montants  étaient  d’environ  20  000 à 30 000 euros. Je me rappelle d’ailleurs que la dernière fois où je me suis rendu à la Trémoille, Joël Mboutou était en train de prendre son petit-déjeuner. J’ai été surpris car il n’a pas pris la peine de m’offrir un café. »

1,3 million d’euros virés vers une société écran

Loin  de  s’arrêter  à  ces  quelques  émoluments,  le  colonel  Mboutou  sait  aussi  se  faire plaisir. Tracfin, le gendarme de Bercy, a ainsi remonté la trace de flux financiers suspects émanant d’une société dénommée Cogitel, dirigée par un chauffeur de bus, embauché par la ville de Levallois-Perret ! Entre janvier et septembre 2015, Cogitel a ainsi perçu deux  virements  provenant  de  la  Direction  du  trésor  camerounais  et  de  la  Société nationale  des  hydrocarbures,  à  hauteur  de  1,3  million  d’euros,  correspondant  à  des achats de 5 000 « tenues camouflées » et des vêtements pour l’état-major des sapeurs pompiers.

Les recettes de la vente ont ensuite été ventilées vers les sociétés qui fournissaient le matériel,  dont  MagForce Belgique,  une  filiale  du  groupe  français,  dirigée  par  l’homme d’affaires  François  Gontier.  Cogitel  a  gardé  une  commission  d’intermédiaire  de  plus de 340 000 euros, qu’elle a instantanément virée sur un compte bancaire au Cameroun.

Le chauffeur de Levallois-Perret, quant à lui, n’a touché que quelques milliers d’euros… Joël Mboutou a-t-il imposé à ses partenaires commerciaux Cogitel comme intermédiaire, afin  de  toucher  une  commission  de  plusieurs  centaines  de  milliers  d’euros  au Cameroun ? « Jamais », a-t-il juré en garde à vue, assurant n’avoir agi que par amitié pour le chauffeur de bus de Levallois, vieille connaissance de sa famille.

Meubles Romeo et costumes de luxe

Toujours est-il que le fameux chauffeur de bus a payé de nombreux cadeaux de luxe à son  «  ami  »  le  colonel  Mboutou  :  «  Il  est  vrai  que  lorsque  je  venais  en  France,  je bénéficiais  de  quelques  largesses  de  la  part  de  monsieur,  notamment  l’achat  d’effets vestimentaires  chez  Vuitton,  et  dans  la  boutique  Pape,  pour  me  remercier.  Mais  il  n’y avait rien d’établi, pas de conditions », a reconnu le colonel devant la police. Le dignitaire africain s’est également fait livrer quelques caisses de champagne par François Gontier, africain s’est également fait livrer quelques caisses de champagne par François Gontier, et ne résistait jamais à la galerie Romeo, où il a acheté pour plus de 40 000 euros de meubles de salon pour faire plaisir à une amie. Là encore, le colonel n’avait pas réglé la douloureuse  :  c’est  une  société  hongkongaise,  faux  nez  de  MagForce  à  l’étranger,  qui s’en était chargée…

Contacté  par  Le  Point.fr,  le  colonel  Mboutou  n’avait  pas  répondu  à  nos  sollicitations  à l’heure de publication de cet article. Sur les 57 621 euros dépensés en son nom chez Louis  Vuitton  depuis  2013,  le  dirigeant  africain  avait  peiné  à  trouver  des explications  crédibles  aux  yeux  de  la  police  :  «  Oui,  je  fais  beaucoup  d’achats, principalement chez Louis Vuitton. Les sacs à main de mes épouses [en] représentent la plus grande partie. »

Publié le 19/07/2017 à 18:55| Le Point.fr