Chantiers: Le complot Bidoung contre Biya

Bell Paul, le sous directeur des infrastructures et des équipements sportifs, et cousin du Minsep, au cœur du sabordage du programme de construction des infrastructures sportives commandé par le chef de l’Etat. Enquête.

Par Arsène Ndzana(Journal L’Indépendant)

Le sous directeur des infrastructures et des équipements sportifs au ministère des Sports et de l’Education physique (Minsep), Bell Paul, est au centre des manœuvres susceptibles de valoir au Cameroun, le retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football (Can) masculine de 2019 pour chantiers inachevés. Une triste réalité d’autant surprenante qu’à 15 mois de la descente des équipes de la Confédération africaine de football (Caf), chargées d’inspecter les installations techniques, la presque totalité des travaux est torpillée par des actes de corruption et de rançonnement des entreprises chargées de la construction desdites infrastructures.

Le constat est implacable. A 21 mois du déroulement de la Can 2019, tous les projets liés à cet événement sont bloqués. D’une part il y en a dont les procédures d’attribution ne sont même pas encore bouclées. Autrement dit, les entreprises devant en assumer les travaux ne sont pas encore choisies. On invoque le veto du maître d’ouvrage, le Minsep, dont le représentant au sein de la commission spécialisée mise en place à la présidence de le République n’est autre Paul Bell. C’est le cas de Garoua où la réfection du stade Roumde Adja et la construction d’un hôtel 4 étoiles demeurent une vue de l’esprit. A ce jour, rien n’est fait du fait des préoccupations affairistes et nombrilistes axées sur le rançonnement des entreprises chargées d’exécuter les travaux du sous-directeur des infrastructures et des équipements sportifs. A Douala, le projet de réfection du stade de la Réunification au lieu dit Bépanda et du stade Mbape Lépé à Akwa subissent le même sort. Le processus d’attribution du marché est également bloqué. Et Paul Bell, plutôt soucieux de se remplir les poches, ne semble pas s’en préoccuper. L’homme dispose d’une voix incontournable au sein de la commission d’attribution des marchés des projets de la Can 2019 au point où la présidence de la République ne peut passer outre son avis sur les offres soumises par les entreprises.

D’autre part, il y a des projets dont le démarrage effectif des travaux souffre des blocages du sous directeur des infrastructures et des équipements sportifs du Minsep bien que les marchés aient déjà été attribués. C’est le cas du stade de Japoma à Douala. Le blocage observé fait suite au refus par Bell Paul de valider les études de l’avant projet sommaire (Aps). Ce dernier a purement et simplement demandé l’annulation du contrat concédé à l’entreprise turque Yeningun, pour l’exécution des travaux. Une posture curieuse d’autant que l’Etat a déjà versé sa quote-part soit 24 milliards Fcfa pour le financement du projet depuis décembre 2017  à la société Yeningun. D’où la dangerosité des actes de Bell Paul qui prouvent qu’il ne roule pas pour les intérêts du Cameroun, mais pour des intérêts égoïstes non avoués.

A Yaoundé, c’est le même scénario. Les travaux de construction du stade Paul Biya sis à Olembé sont inexistants. L’intrépide Bell Paul n’ayant pas reçu de rançon, refuse de valider les études de l’Aps réalisées par la société devant réaliser les travaux, l’italienne Pichini. Excédée par ces manœuvres machiavéliques, l’entreprise italienne Pichini a saisi le Premier ministre et la présidence de la République aux fins de dénoncer les tentatives de rançonnement dont elle fait l’objet. Y faisant suite, Paul Bell a été auditionné à la direction de la Police judiciaire (Pj). Mais fort de ses soutiens, le sous directeur des infrastructures et des équipements sportifs au Minsep reste inébranlable à son poste et continue de perpétuer sa sarabande, portant par là même un coup fatal à la matérialisation du programme de construction des infrastructures dans la perspective de la Can 2019.

Bidoung-Bell : collusion mafieuse

Paul Bell, l’homme à tout faire de Bidoung Mpkatt, n’hésite d’ailleurs pas à se bomber le torse du fait du soutien de ce dernier. Tout porte à croire que le Minsep serait d’intelligence avec son affidé dans cette entreprise de torpillage du programme de construction des infrastructures sportives en prélude à la Can 2019 chère au président Biya. C’est d’ailleurs en sa qualité de cousin germain de Bidoung Mpkatt que Paul Bell a été bombardé à la sous direction des infrastructures et des équipements sportif au Minsep où il entretient un climat de terreur. D’aucuns parlent dans les couloirs de ce ministère, d’un complot Nanga Eboko contre Paul Biya en vue de la non livraison dans les délais des infrastructures sportives dont la construction est programmée pour la Can 2019. Difficile d’y croire