Crise anglophone:La déclaration du « Médiateur universel » sur la dégradation de la situation dans les régions du NORD-OUEST et du SUD-OUEST

Voici l’intégralité du document parvenu samedi matin à notre rédaction.

Contrairement à quelques affirmations hâtives destinées plus à la consommation internationale que nationale, la situation dans les deux régions dites anglophones du pays, n’a jamais réellement été stabilisée et rendue au calme et à la tranquillité, depuis plus d’un an.

Cette situation se traduit aujourd’hui, par le début d’une véritable rébellion armée, dont il serait dangereux de sous-estimer la matérialité, la consistance, les moyens, les acteurs et leurs ambitions.

Les premières manifestations concrètes et inquiétantes de cette rébellion, ont produit une onde de choc dans l’ensemble du pays, avec des attaques meurtrières contre les forces de sécurité de toutes les catégories. Ce n’est donc pas une banale agression de voyous ou de bandits, ni une simple action éphémère et opportuniste. Ce sont des actes de guerre d’autant plus structurés et élaborés, qu’ils se développent et s’appuient dans un premier temps, sur des espaces contigus à un grand pays voisin et sur une bande frontalière qu’aucune autorité ne contrôle parfaitement, une zone de trafiquants notoires.

Les nouveaux développements ne sont en réalité, que l’expansion et l’amplification d’un dérapage qui au fil des mois, a vu les enfants êtres regrettablement privés d’éducation de façon inacceptable, et les activités économiques être totalement bouleversées, avec des pertes de vies civiles que rien ne saurait justifier, d’un côté comme de l’autre.

Face à cette situation qui met en péril, non seulement la sécurité des personnes et des biens, mais encore, l’honneur et la crédibilité des forces de sécurité de toutes catégories,le Chef de l’Etat et chef des armées, a instruit une réponse résolue. Les articulations de cette réponse, selon les premiers éléments de la réunion des Chefs militaires tenue à Yaoundé le 1er décembre 2017, met en exergue des moyens, une volonté, une logistique et des stratégies de guerre graduelles. Notre armée est donc, clairement engagé sur plusieurs fronts, à un moment où les finances publiques battent durement de l’aile comme le prouve la réduction des dépenses d’investissement de près de 300 milliards dans le projet de budget 2018.

Seule une très grande puissance, peut aujourd’hui soutenir et supporter un engagement effectif de ses forces armées sur plusieurs fronts de conflits. LE PAYS EST DONC DANS UNE SITUATION DELICATE ET DANGEREUSE SANS PRECEDENT DEPUIS SON INDEPENDANCE.

La Commission félicite le Chef de l’Etat, inexplicablement silencieux jusqu’ici, pour cette première sortie d’autorité et souveraine, qui a le mérite de le placer au centre de l’action, de remobiliser les différentes forces du pays, de ranimer l’intérêt national, et surtout de positionner l’homme dans ses ultimes et suprêmes responsabilités en vue d’une solution appropriée à la crise.

Si le soutien de tous les citoyens et citoyennes à la démarche du Chef de l’Etat ne devrait souffrir d’aucune réserve, le souhait des mêmes citoyennes et citoyens devrait être une insistance pour l’ouverture d’un dialogue franc, sincère et profond, menant à une réflexion globale sur notre destin commun.

Autant le peuple du sud soudan a gagné son indépendance devenue très amer, autant le FARC en Colombie et l’ETA en Espagne, se sont finalement rendus à la sagesse et à la logique du dialogue. Mais le dialogue suppose intelligence, humilité, discernement, préparation, respect, volonté et honnêteté.

La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination, organisation de la société civile responsable au patriotisme alerte et jamais démenti, exhorte, avec la dernière énergie et avec le plus grand respect pour toutes les opinions, les personnes civiles, politiques et sécuritaires, d’ici et d’ailleurs, susceptibles d’influencer la tenue d’un dialogue, à s’investir au plus vite et sans ménager aucun effort, aucun moyen ni aucune voie, afin de préserver le Cameroun des affres de la guerre civile./.

Yaoundé, le 02 Décembre 2017

Le Président de la Commission

SHANDA TONME

Médiateur universel