Verdict ce lundi 24 avril, il risque une prison à vie

Lors de l’audience du jeudi 20 avril 2017 devant le tribunal militaire de Yaoundé, Ahmed Abba, le correspondant de RFI en haoussa au Cameroun, a été reconnu non coupable d’apologie du terrorisme

En revanche, contre toute attente, la Cour l’a reconnu coupable de « blanchiment de produits du terrorisme » et « non-dénonciation d’actes terroristes ». Le commissaire du gouvernement, s’appuyant sur certains éléments factuellement erronés, a requis la prison à vie.

Pour sa défense, les avocats d’Ahmed Abba ont dû rappeler les conditions nécessaires à l’exercice de son métier de journaliste, tout en réaffirmant qu’il n’y a aucune preuve contre Ahmed Abba dans ce dossier.

Après 3 heures de délibérations, le verdict a été reporté au lundi 24 avril.

La Direction de RFI est plus que jamais persuadée de l’innocence d’Ahmed Abba. Elle espère vivement que le verdict final permettra lundi sa remise en liberté après 632 jours de détention. »

Emprisonné depuis juillet 2015, les autorités camerounaises l’accusent de connivence avec les jihadistes de Boko Haram.

Ahmed Abba travaillait pour Radio France internationale (RFI) à Maroua, à l’extrême-nord du pays, à la frontière avec le Nigeria et le Tchad. Cette zone très sensible a subi de nombreuses attaques de Boko Haram. Le journaliste, qui parlait régulièrement de l’organisation jihadiste dans ses reportages pour la radio, était installé à Maroua depuis un an quand il a été arrêté.

Ahmed Abba a été placé en détention pour complicité de terrorisme et maintenu au secret pendant plusieurs mois, « torturé » selon son avocat, qui dénonce « la vacuité du dossier ». D’ailleurs, les chefs d’accusation ont été changés en cours d’instruction. Aujourd’hui, Ahmed Abba est soupçonné d’apologie du terrorisme et de non dénonciation.